Le BPJEPS (Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport) est le diplôme d’État de référence pour devenir éducateur sportif, coach ou animateur socioculturel. C’est souvent le Graal visé par les personnes en reconversion professionnelle passionnées de sport. Mais changer de vie quand on a déjà un CDI, un loyer à payer et des responsabilités familiales est un défi logistique et financier. Est-il possible de passer le BPJEPS en travaillant ? La réponse est oui, mais cela demande une organisation militaire et l’activation des bons leviers de financement pour ne pas se retrouver sans revenus pendant l’année de formation.
Les infos à retenir
- 📅 Le rythme : Le BPJEPS n’est pas une formation « du soir ». Il impose un volume horaire lourd (600h min + stage). L’idéal est l’alternance ou les formats aménagés (week-ends + e-learning) proposés par certains CREPS.
- 💰 Le financement clé : Le Projet de Transition Professionnelle (PTP), géré par Transition Pro, est le seul dispositif qui permet de suivre la formation sur le temps de travail tout en maintenant son salaire.
- 🏃 Les pré-requis : Avant même d’entrer en formation, vous devez valider les TEP (Tests d’Exigences Préalables). Cela demande une préparation physique intense en parallèle de votre job actuel.
- 🤝 L’apprentissage : Pour les moins de 30 ans, démissionner pour signer un contrat d’apprentissage est une option viable, permettant d’être rémunéré tout en apprenant le métier.
Les dispositifs pour maintenir son salaire
Le principal frein à la reconversion est la perte de revenus. Quitter son job pour retourner à l’école est effrayant. Heureusement, deux mécanismes majeurs existent pour les salariés.
1. Le Projet de Transition Professionnelle (Ex-CIF)
C’est la voie royale. Si vous êtes salarié (CDI ou CDD) depuis au moins 2 ans, vous pouvez monter un dossier auprès de l’association Transition Pro de votre région. Si le dossier est accepté, votre formation est payée et, surtout, votre salaire est maintenu (à 100% ou 90%) pendant toute la durée du BPJEPS. Vous êtes en « congé de transition », votre contrat de travail est suspendu mais pas rompu. À la fin, vous pouvez choisir de retourner à votre ancien poste ou de démissionner pour devenir coach. Attention, les commissions sont sélectives : votre projet doit être béton (promesse d’embauche, étude de marché).
2. Le CPF (Compte Personnel de Formation)
Vous pouvez utiliser votre cagnotte CPF pour payer les frais pédagogiques du BPJEPS (souvent entre 5000€ et 7000€). Cependant, le CPF ne paie pas votre salaire. Si vous utilisez le CPF seul, vous devrez soit poser des congés (impossible pour 9 mois), soit suivre une formation « hors temps de travail » (cours du soir, week-end), ce qui est épuisant.
Les formats de formation adaptés aux actifs
Les organismes de formation (CREPS, UCPA, organismes privés) ont compris le marché de la reconversion et proposent des rythmes adaptés :
- Le format « Semaine bloquée » : Vous êtes en formation 2 jours par semaine et en entreprise (ou au travail) le reste du temps. Compatible avec un temps partiel.
- Le format « Week-end » : Certains BPJEPS (notamment « Activités de la Forme ») proposent des cursus étalés sur 18 mois avec des cours uniquement les samedis, dimanches et en soirée, complétés par du e-learning. Cela permet de garder son CDI à temps plein la semaine, mais c’est un marathon physique et mental.
- L’alternance (Apprentissage ou Pro) : Vous devenez salarié de la structure sportive (salle de sport, club). Votre formation est gratuite et vous touchez un salaire (pourcentage du SMIC). C’est idéal, mais cela implique souvent de quitter son CDI actuel, avec une baisse de revenus temporaire.

La réalité de la charge de travail
Il ne faut pas sous-estimer l’intensité du BPJEPS. Ce n’est pas juste « faire du sport ».
Le cursus comprend 4 Unités Capitalisables (UC), dont deux sont transversales (gestion de projet, pédagogie, réglementation). Vous aurez des dossiers écrits conséquents à rendre.
Cumuler un emploi à 35h, la formation, les entraînements physiques personnels (obligatoires pour réussir) et la vie de famille mène souvent au burn-out. La solution du Transition Pro reste la plus sécurisante car elle libère du temps (votre travail devient la formation). Si vous devez travailler à côté, essayez de négocier un temps partiel ou une rupture conventionnelle pour toucher le chômage (AREF) durant la formation.
L’avis de l’expert : Responsable de Formation CREPS
« Beaucoup de candidats en reconversion échouent non pas par manque de niveau sportif, mais par épuisement. Passer un BPJEPS demande une disponibilité mentale. Je conseille toujours de valider les TEP (tests d’entrée) avant de démissionner ou de lancer les dossiers de financement. C’est le premier filtre. Ensuite, privilégiez les financements qui maintiennent le salaire sans vous obliger à travailler le soir. Le repos est partie intégrante de la performance sportive. »
Finalement, passer le BPJEPS en travaillant est un projet qui se prépare 6 à 12 mois à l’avance, le temps de monter les dossiers administratifs et de se mettre à niveau physiquement.
Foire Aux Questions (FAQ)
💪 Quel est le niveau sportif requis ?
Il est élevé. Pour entrer en BPJEPS, vous devez réussir les TEP (Tests d’Exigences Préalables). Par exemple, pour la mention « Force », il faut réaliser des performances précises en squat, développé couché et tractions, ainsi qu’un test d’endurance (Luc Léger). Sans TEP, pas de dossier.
💸 Combien coûte la formation si je la paie moi-même ?
Si vous n’avez aucun financement (ni CPF, ni Transition Pro, ni Alternance), le coût pédagogique varie entre 5 000 € et 9 000 € selon les organismes et les options. C’est un investissement lourd à prévoir.
📅 Peut-on le passer en VAE ?
Oui, si vous avez déjà une expérience bénévole significative (au moins 1607 heures) dans l’animation sportive. La Validation des Acquis de l’Expérience permet d’obtenir tout ou partie du diplôme sans retourner en cours, en rédigeant un livret de preuves et en passant devant un jury.









