La retraite progressive est un dispositif plébiscité qui permet de réduire son activité professionnelle (temps partiel) tout en touchant une partie de sa pension de retraite. C’est une transition douce vers la fin de carrière. Cependant, le passage d’un temps plein à un temps partiel (par exemple 80% ou 50%) sème souvent le doute dans l’esprit des salariés concernant leurs droits aux vacances. Perd-on des congés payés ? Comment pose-t-on ses jours quand on ne travaille pas le mercredi ? La réponse est rassurante mais technique : en matière de droit du travail, le salarié à temps partiel a exactement les mêmes droits que celui à temps plein, mais la méthode de décompte change.
Les infos à retenir
- 📅 Le principe d’égalité : Un salarié en retraite progressive acquiert 5 semaines de congés payés par an, soit 25 jours ouvrés (ou 30 jours ouvrables), exactement comme un temps plein.
- ➗ Pas de prorata : On ne réduit pas le nombre de jours de congés acquis parce qu’on travaille moins. Vous n’aurez pas « 2,5 semaines » si vous êtes à mi-temps. Vous aurez 5 semaines.
- 📝 La pose des jours : C’est là que ça change. Vous devez poser un jour de congé pour les jours où vous ne travaillez pas habituellement si ceux-ci sont inclus dans la période de vacances.
- 💰 L’indemnité : Si la durée est la même, l’indemnité de congés payés (l’argent) sera évidemment proportionnelle à votre salaire réel (donc plus faible qu’à temps plein).
Acquisition des jours : La règle des 2,5 jours
Le Code du travail est formel : le statut de « retraite progressive » est un contrat de travail à temps partiel classique vis-à-vis de l’employeur.
Tout salarié, quel que soit son horaire, acquiert 2,5 jours ouvrables de congés par mois de travail effectif (ou 2,08 jours ouvrés).
Au bout d’un an, vous avez donc acquis vos 30 jours ouvrables (5 semaines). Sur ce point, il n’y a aucune perte. Que vous soyez à 40% ou à 80%, votre compteur de congés se remplit à la même vitesse que celui de vos collègues à temps plein.
Comment décompter les jours posés ?
C’est souvent ici que les conflits naissent. Pour que l’équité soit respectée entre temps plein et temps partiel, la règle de pose est stricte.
La règle : Un jour de congé débute le premier jour où le salarié aurait dû travailler, et se termine la veille de la reprise. Mais on compte tous les jours ouvrables (ou ouvrés) entre les deux, y compris les jours non travaillés du fait du temps partiel.
Exemple concret (Le mercredi « off »)
Imaginez que vous êtes en retraite progressive à 80%, vous ne travaillez pas le mercredi.
Vous voulez prendre une semaine de vacances.
- Vous posez du lundi au dimanche.
- L’employeur vous décomptera 5 jours ouvrés (Lundi, Mardi, Mercredi, Jeudi, Vendredi) ou 6 jours ouvrables.
- Vous ne pouvez pas dire « Je ne pose que 4 jours car je ne travaille pas le mercredi ». Si on faisait cela, vous auriez plus de semaines de vacances que les autres (7 ou 8 semaines au lieu de 5). Le mercredi est décompté pour neutraliser l’effet temps partiel.

L’impact sur l’indemnité de congés payés
Si vous avez le même nombre de jours de repos, votre compte en banque, lui, sentira la différence.
L’indemnité de congés payés est calculée selon la règle du maintien de salaire ou du 1/10ème.
Comme votre salaire de base a diminué (puisque vous êtes à temps partiel), le montant versé pendant vos vacances sera équivalent à ce salaire réduit. La retraite progressive compense la perte de salaire mensuelle via la pension de la CARSAT, mais l’employeur ne paie que ce qui est travaillé (ou congés correspondants).
L’avis de l’expert : Responsable RH
« Le passage en retraite progressive est souvent un choc administratif pour les cadres habitués aux RTT. Attention, en passant à temps partiel, vous perdez souvent vos RTT (qui sont liés au dépassement des 35h). Vérifiez bien votre avenant au contrat. Pour les congés payés, la règle est simple : vous avez toujours 5 semaines de liberté, ni plus, ni moins. Ne cherchez pas à ‘optimiser’ en ne posant que les jours travaillés, votre RH vous rappellera à l’ordre. »
Foire Aux Questions (FAQ)
🕒 Est-ce que je garde mon ancienneté ?
Oui, absolument. Le passage en retraite progressive est un avenant au contrat, pas un nouveau contrat. Vous conservez toute votre ancienneté pour le calcul des primes ou des indemnités de départ à la retraite future.
🛑 L’employeur peut-il refuser mes dates ?
Oui, comme pour tout salarié. L’employeur a le pouvoir de direction. Il peut refuser vos dates de congés pour nécessités de service, même si vous êtes en fin de carrière. Il doit cependant respecter les délais de prévenance.
👴 Et pour les trimestres de retraite ?
C’est l’avantage du dispositif : vous continuez de cotiser pour votre retraite définitive sur votre salaire temps partiel. De plus, il est souvent possible de cotiser « sur la base du temps plein » (avec accord de l’employeur) pour ne pas perdre de futurs droits.









